Démarche artistique

Ma démarche artistique s’inscrit de manière obsédante autour de la représentation de fleurs fanées. Je travaille à partir de photographies que j’explore dans leur reproduction picturale en grand format. Roses, amaryllis, lys... enlisées dans la peinture fraîche, remodelées, apparaissent comme des bas-reliefs et s’imposent à moi, tels des secrets émergents de fragments de biscuits de porcelaine.
Cette exploration à travers la peinture m’a récemment conduite vers la réalisation de volumes en peau d’animal (sanglier, chevreuil, porc...). Ces « fleurs animales » hybrides, posées à même le sol ou suspendues, s’affichent insidieusement comme une représentation entre nature morte et figure de vanité. Du faste désuet d’un bouquet de vernissage à un travail de taxidermie horticole, de l’abandon de la fleur qui se fane à l’abandon de l’animal qui a poussé son dernier soupir, il pourrait bien se dessiner le paysage d’un jardin de la Belle au bois dormant, là où persiste à notre insu l’évolution des formes et des êtres dans leur devenir. EGD


Les récents travaux d’Elisabeth Gilbert Dragic montrent une très grande rose en volume, entièrement réalisée avec 7 peaux de sangliers. Ce travail de nature hybride, établi un lien avec ses peintures acryliques qui traitent de manière similaire de l’évolution de formes naturelles florales dans leur devenir.
Presque d’une façon obsessionnelle, elle parvient à trouver des métaphores de fin de vie humaine dans ces vanités passées, attribuées à ce royaume floral menaçant.
Ces 3 œuvres, essentiellement, « Bouquet de vernissage », « Rose Sanglier » et « Bas Relief, Roses roses et jaunes », font directement référence au genre de la nature morte ; et posent collectivement la question de l’existence humaine, dans sa permanence, et des traditions culturelles que nous acceptons comme normales.

Traduction du texte de Gavin Younge, Prof. de BA, Université de Cape Town

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